Se donner toutes les chances

Stan Maslard est passé par toutes les couleurs de l'arc en ciel ces dernières 24 heures. Reposé, il s'acharne à redonner à son Proto N°850 tous ces atoutrs avant d'affronter l'Océan Atlantique, pour un nouveau départ programmé demain mercredi en matinée…

aquaiSon parcours depuis le départ de Sada le 13 novembre dernier a été marqué par une belle trajectoire, une bonne vitesse et un bon placement dans le peloton de tête des protos de la course. Vendredi dernier, en milieu de journée, son Groupe Sefico était violemment couché par un coup de vent combiné à des creux de plus de 5 mètres. Stan allait lutter plusieurs heures, après s'être jeté à l'eau pour trancher un bout pris dans son safran, pour remettre le bateau à l'endroit. Il repartait privé de son spi, condamné à rejoindre Lanzarote sous toilé. Il venait s'amarrer dans le port de Puerto Calero à Lanzarote vers 22 heures dimanche soir, exténué d'avoir si longtemps barré. L'examen des dégâts, s'il ne révélait aucun soucis majeur et irréparable, avait cependant de quoi décourager les plus acharnés. Stan, aux prises un instant avec le doute, décidait de prendre le taureau par les cornes. Il établissait sa check list, et bien que dénué de tout au ponton de la marina de Puerto Calero, se mettait en quête des outils et matériels nécessaires à réparer. Objectif ; disposer d'un voilier parfaitement en capacité d'effectuer les 2 750 milles de traversée de l'Atlantique jusqu'à Pointe à Pître.
La Mini Transat renoue, on le voit bien, avec toutes les valeurs génétiques de la course au large. Et ceci est singulièrement vrai pour cette étrange édition 2013, qui a vu les organisateurs décider d'envoyer les solitaires sur un parcours unique et sans escale depuis Sada, près de la Corogne en Espagne, jusqu'en Guadeloupe. Un défi que les puissants alizés portugais ont, pour nombre de solitaires, fait voler en éclat. Gwénolé Gahinet, grandissime favori en catégorie Proto a ainsi dû abandonner son bateau au large du Portugal, suite à une avarie de quille. Lanzarote,  simple point de passage obligé avant la traversée de l'océan, allait servir de pit stop à nombre de solitaires malmenés par les éléments. De Lanzarote à la Palma, et même aux Açores (pour l'infortuné Louis Mauffret), il sont une bonne douzaine à choisir de s'arrêter avant l'immense Atlantique. L'Aventure majuscule a bien repris ses droits sur le sport pur. Et si l'esprit de compétition habite plus jamais le skipper de Groupe Sefico, c'est d'abord le sens marin qui prime, avec la nécessaire sécurisation du bateau. En s'arrachant, le balcon avant a laissé quelques trous que Stan doit colmater aujourd'hui. Il lui restera, une fois les tissus et les colles durcies et séchées, à refaire ses filières, et Stan pourra réintégrer la course, certes loin du podium, mais avec devant lui deux bonnes semaines d'aventure, de découverte, et souhaitons lui, de plaisir et d'harmonie avec ce bateau qu'il a conçu, et cette mer qu'il aime tant…

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