La mer ne nous a pas laissé passer!

Salut, Difficile d’accoucher de ce retour sur notre abandon tant la déception me mord, me tord. Depuis deux nuits Jardin Bio est de retour dans un port… Blessé, déception, frustration… Etre au départ n’avait pas été chose simple. Merci aux amis qui ont rendus ce défi réalisable… Merci à ces anonymes qui savent vous donner leur temps, leur énergie, leur bonne humeur…A ceux qui rendent les choses possibles ! Le défi était à notre portée ! Les heures vagues avaient fait place au bonheur, l’eau courrait sous la carène , les nuits en mer étaient noires mais les étoiles faisaient de temps en temps place a l’extase que nous rencontrons lors de nos incursions dans ce monde sauvage. La course prenait le dessus sur le sprint d’avant départ. Avec Benoit, nous avions eu peu de temps pour nous connaître en mer , connaître le bateau pour ma part. Les automatismes commençaient à se mettre en place entre nous malgré toute cette bousculade, nous étions heureux d’y avoir notre mot à dire, etre en mer… Situation météo pas simple, un front froid devait balayer la flotte après 30 heures de course. Début de course dans la pétole, on part sous spi ça glisse bien sur Jardin Bio . Le premier matin nous sommes dixième du classement mais notre position a été enregistré à 4h00 contre 4h30 pour les autres . Dans nos calculs nous sommes donc quatrième … Le pointage suivant viendra le confirmer . La course bat son plein, nous avons très peu récupéré jusque là. L’ambiance à bord va bien, plusieurs changement de voile , nous avançons vers le front, Le vent refuse doucement, le ciel commence à se charger. Jardin bio va vite ! Avec Ben nous parlons peu , l’œil sur le baromètre, la tête dans les penons…Nous voulons réussir notre passage de front. Le bateau commence à taper dans la mer à mesure que nous remontons vers le vent. Il arrive, il annonce son passage…La pluie commence à cingler les visages , ciel bas, chargé, le vent siffle, prend des tours ! La mer se lève, on y voit rien, la lune est en vacance…Je pars me coucher salé ! Réveil un peu plus tard contre le moteur qui tourne, ses vibrations m’ont fait oublier la situation ! Benoit est debout à coté de moi à fixer l’anémomètre 38 ok ça va , je suis un peu dans le gaz ! ça doit etre une rafale … 44…48….52,9 ! merde ! On est 3 ris et trinquette arrisé , la grand voile claque comme un pavillon en nylon ;.ambiance déchainée ! Pas facile de se dire qu’il est trop tard pour réduire. On réfléchit sans trop parler ! Une vibration nous rappel soudain à la dure réalité, le solent monte sur son etai , la voile s’est detaché de son rabant et se hisse toute seule ! Une seule solution, aller à l’avant pour redescendre la toile qui devient folle dans ce vent ; je croche la longe ; L’enfer, à peine devant je prends des coups d’une rare violence . Le col de mon ciré devient un entonnoir , je ne vois plus rien sauf mes mains …voile sécurisé …Humide !!! Nos yeux sont rouges le vent souffle encore mais le plus fort semble derrière. Le front passe , la pluie qui mouille stop un peu , on vire de bord, comme dans le bouquin quoi ! le vent tourne, 22 nœuds cap au 200 vitesse 6.5 kt en bref prudents . Les vagues viennent de face ; ça tape fort le bateau se soulève et retombe souvent malgrès notre faible vitesse. Tout bascule en une vague… on décolle, silence, silence, haut de cœur, suivi du fracas épouvantable du bateau qui souffre … nos yeux se croisent … le mat est debout ! On a encore une quille ! ok !!! On matos et on remettra de la toile après . C’est pas le moment de casser le bateau ! Benoit part pisser derrière… Merde la bastaque est molle !!! Quoi ? En fait dans le choc elle a glissé de son bloqueur . Nous avons sauvé le mat uniquement grace aux nœuds que nous faisons automatiquement autour du taquet….. Nous descendons pour matosser et là devant nos yeux ! le bateau tape ! …le fond se gondule devant nos yeux … Une cloison a reculé dans le choc, un oméga s’est décollé de sa mousse, Une seconde, un regard,…c’était fini pour la solidaire …a suivre Lorient à bord de Jardin Bio Stan

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